Capsules d’information sur le décrochage : Des pistes d’action

Le décrochage scolaire : Des pistes d’action

Au cours des années, de nombreuses interventions ont été mises en place dans le milieu scolaire afin de prévenir le décrochage. L’efficacité de plusieurs de ces interventions a été vérifiée dans le cadre de recherches scientifiques. Ces interventions vont de l’application de mesures plus ou moins complexes jusqu’au développement de programmes sophistiqués. Certaines sont dites universelles, parce qu’elles s’appliquent à l’ensemble des élèves d’une école ou d’une commission scolaire, alors que d’autres sont plus ciblées, parce qu’elles ne visent que certains élèves.

Une mesure populaire consiste à identifier les élèves à risque dès le primaire ou à l’entrée au secondaire. Ce processus d’identification permet de cibler le ou les facteurs de risque auxquels l’élève est exposé et de mettre en place des interventions ad hoc. Il peut s’agir par exemple d’aider l’élève à rattraper les retards accumulés dans les matières de base, de l’intégrer dans un programme d’entrainement aux habiletés sociales, de lui faire bénéficier d’un suivi personnalisé, etc.

Par ailleurs, comme plusieurs recherches révèlent que la transition du primaire au secondaire représente une période particulièrement difficile pour les élèves, plusieurs interventions consistent à rendre cette période plus facile, soit en préparant intensivement les élèves du 3e cycle du primaire au fonctionnement de l’école secondaire, soit en aménageant les lieux physiques et l’organisation de l’école secondaire en fonction des besoins des élèves de cet âge (diminution du nombre d’élèves par classe, tutorat, allocation d’espaces dédiés dans l’école, etc.).

Dans un autre ordre d’idée, certaines mesures visent le besoin d’autonomie des jeunes adolescents en leur offrant davantage de choix en ce qui concerne l’offre de cours ou les programmes de formation, ou encore en les faisant faire participer plus activement à la gestion de l’école et de la classe. D’autres mesures complémentaires consistent à resserrer le cadre règlementaire de l’école, à effectuer un suivi serré des retards, des absences et des comportements perturbateurs et à aider les familles à mieux encadrer et soutenir leurs enfants. Le besoin de signifiance des élèves est aussi pris en compte en mettant en place dans les établissements des approches vocationnelles ou en offrant aux plus âgés des programmes de formation rémunérée ou d’alternance école-travail. Surtout, l’adaptation des interventions pédagogiques en classe représente une mesure de prévention importante parce que la classe est au centre du vécu scolaire de l’élève.

Les recherches sur le sujet permettent de dégager certaines caractéristiques communes aux interventions efficaces. Tout d’abord, il apparaît que l’adhésion des différents agents d’éducation aux mesures retenues soit une condition importante de réussite. Par ailleurs, les interventions efficaces comportent toutes des composantes visant le rehaussement des relations sociales, particulièrement des relations maître-élève et des relations entre pairs. De plus, les approches globales mettant à contribution les élèves, le personnel scolaire et les familles obtiennent de meilleurs résultats. Quelles que soient les approches, mesures ou programmes retenus, il convient de prendre en compte que le déterminant principal de la persévérance scolaire demeure la satisfaction des besoins psychologiques de base. Si l’élève peut combler ces besoins, il sera enclin à s’y investir. Si au contraire, il n’y parvient pas, il cherchera à satisfaire ses besoins ailleurs…

Roch Chouinard, Ph.D.