Les élus de la Commission scolaire Marie-Victorin tiennent à faire respecter la démocratie scolaire

Longueuil, le 2 octobre 2019 – Dans la foulée du dépôt du projet de loi no 40 relatif à l’organisation et à la gouvernance scolaires, les membres du Conseil des commissaires de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) tiennent à réitérer que « Tant et aussi longtemps qu’un projet de loi ne sera pas ADOPTÉ à l’Assemblée nationale, nous continuerons à travailler pour la réussite des élèves et à faire respecter auprès de toutes les instances la légitimité du Conseil des commissaires. »

Les élus scolaires ont une connaissance fine des besoins de leur communauté; ils ont été élus au suffrage universel et se préoccupent des citoyens de leur circonscription. Ils s’assurent de la répartition équitable des ressources sur leur territoire. Ils ont le souci constant de prendre des décisions qui bénéficient à l’ensemble des élèves concernant les ressources humaines, les ressources matérielles et les ressources financières.

Citation de Carole Lavallée, présidente
« La réforme Roberge ne réglera rien en éducation. Les priorités du réseau public d’éducation demeurent la persévérance et la réussite scolaires, la valorisation de notre personnel, les infrastructures, la pénurie de main-d’œuvre, l’accessibilité et l’équité pour tous les élèves du Québec. La réforme Roberge est surtout un brassage de structures stérile. »

Citation de Benoit Laganière, vice-président
« Ce projet de loi centralise les décisions dans le bureau du ministre. Quoique ce dernier en dise, c’est une perte de pouvoir de la population, des parents et de tout le réseau de l’éducation.

C’est aussi une perte de « leur » commissaire qui, élu au suffrage universel, les accueille, les guide, les oriente et défend leur cause.

Il vaut mieux se faire élire au suffrage universel par des milliers de citoyens (même si le pourcentage n’est pas très élevé) que de se faire nommer par UNE seule personne, le ministre, ou par une poignée de personnes lors d’une assemblée générale. »

Citation de Nicole Leblanc, vice-présidente de l’exécutif
« C’est un grand recul pour la démocratie et le Québec. Quand un pays commence à reculer, il faut se poser de grandes questions. Certains pays essaient encore d’obtenir le droit de vote… et nous, nous laissons aller ce droit.  Pendant qu’on s’occupe de la structure, nous ne travaillons pas pour la réussite de nos enfants. »

Citation de Jean-Pierre Picard, commissaire
« Comme élu scolaire, je suis branché sur le territoire de la CSMV et sur les six écoles que je représente. Je m’assure de la qualité des services et de la répartition équitable des ressources. J’analyse les situations et je prends des décisions éclairées au bénéfice de l’ensemble des élèves. »

Citation de Serge Mainville, commissaire
« La réforme du ministre soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réelles solutions, notamment en matière de représentativité équitable des parents et des autres payeurs de taxes qui n’ont plus d’enfants à l’école, mais qui ont à cœur l’éducation.

Avec la réalité des jeunes familles, leur quotidien chargé, les parents ne se bousculent pas pour faire partie d’un conseil d’établissement, ce qui rend inquiétante la notion d’engagement à long terme et conséquemment de continuité dans l’avancement des dossiers scolaires. »

Citation de Denise Girard, commissaire
« Depuis de nombreuses années, le ministre de l’Éducation a dénigré le travail des commissaires.  Mais le connaît-il?  Étant commissaire depuis plus de 20 ans, j’ai toujours travaillé avec le milieu afin de m’assurer que les jeunes qui fréquentent nos écoles et nos points de services puissent atteindre la réussite qui leur permettra de devenir des citoyens informés et impliqués.

Le pouvoir des commissaires d’interroger la direction générale pour s’assurer de la gestion efficiente et efficace de la Commission scolaire fait en sorte que les commissaires sont en mesure de répondre devant la population de la qualité de la mission éducative et de la réussite des élèves. Ce que ne permettra plus la Réforme Roberge qui nommera des représentants qui ne seront plus redevables à la population. »

Citation de Diane Fournier, commissaire
« Partout au Québec, de nombreuses femmes s’impliquent activement en tant que commissaires scolaires. Contrairement à d’autres paliers de gouvernement, elles y ont atteint la parité. Il serait regrettable de diminuer ainsi la place des femmes en politique et surtout de remplacer des femmes rémunérées par des femmes bénévoles. »

Citation de Catherine Pelletier, commissaire
« La santé et le développement de nos villes, de nos villages et de nos quartiers sont au cœur des préoccupations des élus en démocratie scolaire. Il n’y a pas de petite démocratie et nos communautés ont beaucoup à gagner à investir et à continuer de faire vivre la démocratie scolaire. La réponse à tous nos défis est la complémentarité et la collaboration et non une bureaucratie qui centralise les pouvoirs ou le mépris envers les élus scolaires par d’autres élus.

Je suis aussi surprise qu’on puisse envisager de faire de la démocratie à deux vitesses… J’espère que nous pourrons plutôt profiter de ce projet de loi pour avoir une saine discussion au sujet de l’éducation et de ce que le Québec doit faire aujourd’hui pour que notre société et nos communautés s’épanouissent et se développent dans le respect et la collaboration. »

Citation de Bruno Marcoux, commissaire
« Actuellement, le ministre Roberge semble donner plus de pouvoir aux parents, mais dans les faits, il ne fait que s’octroyer plus de pouvoir. C’est une décision populaire, mais il aurait été plus souhaitable, pour l’éducation de nos enfants, que le ministre se penche sérieusement sur les vrais enjeux de l’éducation. »

Citation de Paule Froment, commissaire
« Ce projet de loi n’offre aucune solution aux défis actuels. »

Citation de Michel Gervais, commissaire
« Nous avons entendu, ces derniers jours, des propos vraiment étonnants, autant de la part du ministre Roberge que du premier ministre. Cela fait 13 ans que je suis commissaire et que l’éducation est au cœur de mes actions et décisions, malgré toutes ces années de remise en cause des différents gouvernements qui ont défilé à Québec. Et aujourd’hui encore, je crois en l’Éducation avec un grand « É ».

J’invite les deux principaux intéressés, qui, malgré leur dire, centralisent le pouvoir à Québec, à venir vérifier, valider, éprouver l’image des conseils des commissaires en se basant sur des faits, sur nos actions et sur nos décisions. Je les défie d’y trouver des « scandales », convaincu qu’ils vont plutôt y voir notre intérêt, notre travail et notre dévouement pour l’éducation, nos écoles et nos élèves.

La politique démagogique, je n’y crois pas et je crains sincèrement l’impact de la réforme Roberge pour l’ensemble des milieux, particulièrement les plus démunis. C’est un recul pour la démocratie, c’est un recul pour l’éducation. »

Citation de Nicola Grenon, commissaire représentant les parents du primaire
« En démantelant ainsi ce pan de notre démocratie, on cherche à museler le contre-pouvoir qui donne la possibilité aux communautés de défendre leur perspective propre face à un gouvernement central insensible aux réalités du milieu… tout en augmentant considérablement les pouvoirs du ministre et ses possibilités d’intervention unilatérale.

Une plus grande présence des parents dans une structure ainsi affaiblie ne représente pas un gain et tient davantage de la manipulation. »

Citation de Reine Bombo, commissaire représentant les parents du secondaire
« Bien sûr le dépôt de projet de loi no 40 n’est pas une surprise, mais sa concrétisation potentielle engendre plusieurs inquiétudes et questionnements.

Cette nouvelle façon de faire ne tendrait-elle pas à personnaliser les services de chacune des écoles, mais de façon inéquitable? Les commissions scolaires ne sont-elles pas les mieux placées pour avoir une vision d’ensemble des véritables besoins et enjeux de leurs écoles?

La réforme Roberge va remplacer un système démocratique, une politique de proximité, par une centralisation du pouvoir. »

Citation de Michel Rocheleau, commissaire
« Les solutions ? Il faut d’abord informer la population de façon à ce qu’elle s’approprie les enjeux de l’éducation.  Il faudrait aussi consulter la population par un livre blanc. Il faudrait aussi mettre en place un vote par internet et/ou un scrutin en même temps que les municipalités comme l’on fait dans le reste du Canada. »

À propos de la Commission scolaire Marie-Victorin

La CSMV offre des services éducatifs à la population des villes de Brossard, de Saint-Lambert et de Longueuil (arrondissements de Greenfield Park, de Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil). Elle scolarise annuellement plus de 42 500 élèves, ce qui la positionne parmi les plus importantes commissions scolaires au Québec. La clientèle issue de l’immigration représente plus de 50 % de la population scolaire et provient de 80 pays.  Plus de 30 % des élèves n’ont pas le français comme langue maternelle. Par ailleurs, la CSMV est l’un des plus importants employeurs de la Rive-Sud avec ses 7 000 employés qui contribuent à sa mission éducative. Elle gère un budget de 500 millions de dollars. La CSMV est administrée par 16 commissaires qui participent en conseil à la définition de ses orientations et de ses priorités.

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Source et renseignements : Secteur des communications

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